Revue de la littérature n°22-Aout 2020

Bonjour,
Suite de la sélection pour l’été 2020 :

0.9% saline V/S Ringer’s lactate for fluid resuscitation in adult sepsis patients in emergency medical services: An open-label randomized controlled trial

C’est une étude randomisée contrôlée ouverte réalisée dans plusieurs services d’urgences d’un centre universitaire indien sur des patients en sepsis, tout point d’appel confondus. Les réalisateurs de cette étude ont pour objectif principal de comparer l’utilisation de 2 types de remplissage : au NaCl 0.9% ou au Ringer Lactate. Le critère principal : l’hyperchlorémie à 24h et beaucoup de critères secondaires parmi lesquelles l’insuffisance rénale, l’acidose, coagulopathie et une mortalité à 30 jours Beaucoup de bémols à signaler dans cette étude : peu représentatif de notre population européenne (médiane 43 ans), critère principal biologique et non clinique, mesure de la fonction rénale mais patients nécessitants une suppléance type hémofiltration écartés, pas de cut off précis concernant la quantité de remplissage…
Néanmoins elle a le mérite de reposer la question sur le type de fluide à utiliser dans le cadre du sepsis : la surviving sepsis campain 2018 n’apportant pour l’instant au final que peu de preuve sur la nécessité d’utilisation des solutés dits « balancés ».

Affaire à suivre…

Timing of norepinephrine initiation in patients with septic shock: a systematic review and meta-analysis

Une revue systématique et méta analyse de la revue Cochrane sur l’initiation de la noradrénaline dans le choc septique. L’initiation rapide allant de 1h à 6h de la reconnaissance du sepsis. Le critère principal est la mortalité à court terme : de l’hospitalisation à J+30 ; les critères secondaires étant : la durée d’hospitalisation aux soins intensifs, le temps pour avoir une PAM > 65 mmhg et le volume de remplissage nécessaire dans les 6 heures initiales. La justification de l’étude est que peu d’étude se sont penchées sur la temporalité de la mise en place des amines dans le choc septique, mais plus sur le type d’amine à utiliser.

La conclusion de l’étude semble aller dans le sens ou plus les amines sont débutées tôt meilleurs est le pronostic en terme de mortalité pour les patients . Néanmoins quelques bémols:  pas de définition consensuelle d’horaire pour débuter la noradrénaline, ni même de cut-off en terme de remplissage avant de débuter les amines…

Repeat computed tomography head scan is not indicated in
trauma patients taking novel anticoagulation: A multicenter study

Étude multicentrique rétrospective réalisée dans les urgences de 5 centres hospitalier nord californien, qui se penche sur la nécessité de réalisation d’un second scanner cérébral après traumatisme crânien chez des patients prenant des anticoagulants qu’ils soient oraux direct ou la Warfarin quand le premier scanner ne retrouve pas de saignement intracrânien.
Les critères principaux étant : la mortalité, la nécessité d’une intervention neurochirurgicale, ou la survenue d’une hémorragie intracrânienne retardée. A noter également que les patient ayant une anti-agrégation simple en plus de l’anticoagulation ont été inclus dans l’étude. Avec les incidences entre patients sous AOD et sous Warfarin qui sont comparées.
La conclusion de cet étude est qu’il n’y a pas plus d’hémorragie intracérébrale retardée chez les patients sous AOD et pas de conséquences sur la mortalité.
Cependant, une des limites de cette études étant que les traumatismes était la plupart du temps minimes (chute de leurs hauteurs) ils ne peuvent extrapoler sur des cinétiques plus grande mais correspondant au final assez bien avec la majorité des patients venant aux urgences.

Une validation prospective de ces résultats pourrait amener à un changement de pratiques au sein des services d’urgence.

Bonne lecture à tous,
 

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